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| Formule moléculaire brute : CH2O |
| Principaux synonymes |
Noms français :Noms anglais :
- Formaldéhyde
- Aldéhyde formique
- Formaldéhyde
- Formaldehyde
- Formic aldehyde
| Commentaires 1 |
Le formaldéhyde pur, sous forme de gaz anhydre, est difficile à produire et à conserver dans cet état puisqu'il a tendance à polymériser, et que cette polymérisation est grandement accélérée par toute trace d'eau, d'acide ou de base. Dans la très grande majorité des cas, le formaldéhyde est produit et vendu sous forme de solutions aqueuses contenant de 25 % à 56 % (poids/poids) de formaldéhyde et contenant également entre 0,5 % et 15 %, en poids, de méthanol. Le méthanol sert à stabiliser ces solutions.
| Utilisation et sources d'émission 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 |
Le formaldéhyde est l'un des composés les plus utilisés par l'industrie chimique, en partie à cause de sa grande versatilité.
Il est utilisé :
- principalement dans la fabrication de résines (phénoliques, aminiques, polyacétals) qui servent, entre autres, à la fabrication de contreplaqué et de panneaux de fibres ou de particules.
- comme intermédiaire durant la synthèse de multiples autres produits tels :
- le 1,4-butanediol, le triméthylolpropane, le 2,2-diméthyl-1,3-propanediol et le diisocyanate-4,4' de diphényleméthane (MDI), qui servent à leur tour à la fabrication de polyuréthane, de plastiques de type polyester, d'huile lubrifiante synthétique et de plastifiants
- l'acide nitriloacétique (NTA) et l'acide éthylènediaminetétraacétique (EDTA), agents complexants présents dans plusieurs détergents
- comme fumigant insecticide, germicide, fongicide
- comme agent de conservation en thanatopraxie (embaumement)
- comme fixateur pour les spécimens histologiques
- en tant que désinfectant, antiseptique et additif antibactérien pour la conservation des aliments
- dans d'autres domaines divers tels que l'industrie du papier, le tannage du cuir, la fabrication de teintures et d'explosifs.
Le formaldéhyde est formé principalement par combustion de matières organiques ainsi que par de nombreuses activités naturelles et anthropogéniques. Il est également formé, dans l'atmosphère, suite à l'oxydation de produits organiques volatils.
Parmi les sources naturelles de formaldéhyde, on trouve la combustion de biomasse (feux de forêt et de brousse) et l'émission par les bactéries, les algues, le plancton et la végétation. Le formaldéhyde est présent, à faible concentration, dans la majorité des organismes vivants, en tant qu'intermédiaire métabolique.
Les sources anthropogéniques principales sont la combustion de diverses matières (gasoline, bois, charbon, déchets) et les émissions industrielles se produisant durant la production, l'utilisation, l'entreposage, le transport et l'élimination de produits contenant du formaldéhyde.
| Apparence 1 | Mise à jour : 2005-07-20 |
Gaz incolore à odeur âcre et suffocante.
| Caractéristiques de l'exposition 15 | Mise à jour : 2005-07-20 |
En milieu de travail, l'exposition au formaldéhyde sous forme gazeuse peut provenir de trois types de sources: le dégagement par la chaleur ou par hydrolyse à partir de polymères à base de formaldéhyde (p.ex. colles dans les panneaux de bois, apprêts pour textiles et vêtements, plastiques, vernis et peintures, liants d'abrasifs et d'isolants thermiques, et dans les fonderies); le dégagement direct à partir de solutions aqueuses (p.ex. industrie chimique, usages médicaux et paramédicaux, thanatopraxie, biocide industriel, désinfectant) ou la présence dans les fumées de combustion ou de pyrolyse d'une variété de matériaux organiques.
L'exposition au gaz liquéfié peut générer une concentration importante de formaldéhyde en raison de son point d'ébullition très bas et de sa volatilité élevée. Cependant, l'utilisation du formaldéhyde sous forme de gaz liquéfié est très peu répandue.
Exposition au gaz :
L'odeur âcre et suffocante du formaldéhyde est détectable à un faible niveau de concentration (0,83 ppm). Cependant, cette valeur étant du même ordre de grandeur que la valeur plafond (2 ppm ou 3 mg/m³), l'odeur ne peut donc pas être utilisée comme signe d'avertissement adéquat pour prévenir une situation de dépassement de norme. Elle est cependant suffisamment inférieure à la valeur de DIVS (20 ppm ou 30 mg/m³) pour qu'elle puisse être un signe d'avertissement à une situation de DIVS.À cause de sa densité de vapeur très légèrement supérieure à celle de l'air, il se mélange facilement avec ce dernier et peut rapidement atteindre des concentrations dangereuses.
Exposition au gaz liquéfié :
Le formaldéhyde pur est commercialement disponible à l'état liquide, bien que rarement utilisé sous cette forme. C'est un liquide à -20 °C, il faut donc tenir compte de tous les aspects que comportent l'exposition à un liquide à basse température, y compris la présence du gaz froid qui s'évapore.
Danger immédiat pour la vie et la santé (DIVS): 20 ppm 17
| | Mise à jour : 2005-07-20 |
État physique : Gaz
Masse moléculaire : 30,03
Densité : 0,815 g/ml à -20 °C
Solubilité dans l'eau : 550 g/l à 20 °C
Densité de vapeur (air=1) : 1,04
Point de fusion : -92 °C
Point d'ébullition : -19,5 °C
Tension de vapeur : Sans objet
Concentration à saturation : Sans objet
Coefficient de partage (eau/huile) : 0,45
Limite de détection olfactive : 0,83 ppm
Facteur de conversion (ppm->mg/m³) : 1,228
Taux d'évaporation (éther=1) : Sans objet
| Inflammabilité et explosibilité 20 | Mise à jour : 2005-07-20 |
Le formaldéhyde est un gaz très inflammable. Sous l'action d'une source d'ignition, une explosion peut survenir s'il est présent dans l'air à des concentrations se situant entre 7,0 % et 73,0 % (vol./vol.).
| | Mise à jour : 2005-07-20 |
Point d'éclair : Sans objet
T° d'auto-ignition : 424 °C
Limite inférieure d'explosibilité : 7,0% à 25 °C
Limite supérieure d'explosibilité : 73,0% à 25 °C
| Techniques et moyens d'extinction 20 | Mise à jour : 2005-07-20 |
Pour combattre le feu, porter un appareil respiratoire autonome muni d'un masque facial complet et des vêtements protecteurs adéquats. Rester en amont du vent par rapport au sinistre. Fermer la vanne d'arrivée du gaz si vous pouvez le faire sans danger, sinon laisser brûler en refroidissant les contenants exposés au feu avec de l'eau pulvérisée.
| Produits de combustion | Mise à jour : 2005-07-20 |
Monoxyde de carbone, dioxyde de carbone.
| Mise à jour : 2005-07-20 |
Échantillonnage des contaminants de l'airSe référer aux méthodes d'analyse 39-A et 295-1 de l'IRSST.
Pour obtenir la description de ces méthodes, consulter le « Guide d'échantillonnage des contaminants de l'air en milieu de travail » ou le site Web de l'IRSST à l'adresse suivante:
http://www.irsst.qc.ca/fr/_RSST50-00-0.html
Des tubes colorimétriques spécifiques pour le formaldéhyde peuvent être utilisés pour une évaluation rapide du niveau d'exposition
| Mesures de protection 22 | Mise à jour : 2005-07-20 |
La Loi sur la santé et la sécurité du travail vise l'élimination des dangers à la source. Lorsque des mesures d'ingénierie et les modifications de méthode de travail ne suffisent pas à réduire l'exposition à cette substance, le port d’équipement de protection individuelle peut s'avérer nécessaire. Ces équipements de protection doivent être conformes à la réglementation.
Voies respiratoires
Porter un appareil de protection respiratoire si la concentration dans le milieu de travail est supérieure à la valeur plafond (2 ppm ou 3 mg/m³).Peau
Porter un équipement de protection de la peau. La sélection d'un équipement de protection de la peau dépend de la nature du travail à effectuer.Yeux
Porter un équipement de protection des yeux s'il y a risque d'éclaboussures. La sélection d'un protecteur oculaire dépend de la nature du travail à effectuer et, s'il y a lieu, du type d'appareil de protection respiratoire utilisé.
| Mise à jour : 2005-07-20 |
Équipements de protection des voies respiratoires
Les équipements de protection respiratoire doivent être choisis, ajustés, entretenus et inspectés conformément à la réglementation.
NIOSH recommande les appareils de protection respiratoire suivants selon les concentrations dans l'air :
| Réactivité 26 | Mise à jour : 2005-07-20 |
Stabilité
Le formaldéhyde polymérise facilement à température ambiante. Au contact de l'air, il s'oxyde en acide formique.Incompatibilité
Ce produit est incompatible avec les agents oxydants forts et les bases fortes.
| Manipulation | Mise à jour : 2005-07-20 |
Si on manipule le formaldéhyde à l'état gazeux, ou s'il est susceptible de se dégager d'un produit ou d'un procédé, ventiler adéquatement, sinon porter un appareil de protection respiratoire.
Ce produit est très inflammable et ses vapeurs sont très facilement explosibles dans l'air : manipuler à l'écart des sources d'ignition, des flammes nues et des étincelles, dans un endroit bien ventilé.
Manipuler à l'abri des matières incompatibles.
Si on manipule le formaldéhyde à l'état gazeux : les bouteilles de gaz comprimés ne doivent pas subir de chocs violents et il ne faut jamais utiliser une bouteille endommagée. Elles doivent être attachées debout ou retenues dans un chariot lorsqu'elles sont utilisées.
Ne pas manger et ne pas boire pendant l'utilisation.
| Entreposage | Mise à jour : 2005-07-20 |
Les cylindres de gaz toxiques doivent être clairement identifiés. Des écriteaux indiquant la nature du danger doivent être placés à toutes les entrées des lieux où des gaz toxiques sont entreposés. Les bouteilles de gaz comprimé doivent être conformes à la Loi sur les appareils sous pression (L.R.Q., c. A-20.01) et aux règlements qui en découlent. Les bouteilles de gaz comprimé doivent être tenues à l'écart de toute source de chaleur susceptible d'élever la température du contenu au-delà de 55 °C, être munies du capuchon protecteur des soupapes quand elles ne sont pas utilisées, être emmagasinées debout, les soupapes dirigées vers le haut et être solidement retenues en place.
Ne jamais entreposer avec des matières oxydantes ou avec des gaz qui entretiennent la combustion, y compris l'air comprimé. Les bouteilles doivent être mises à la terre. Conserver à l'écart de toute source d'ignition.
| Fuites | Mise à jour : 2005-07-20 |
Porter un équipement de protection totale, incluant un appareil de protection respiratoire autonome. En cas de fuite, fermer la vanne d'arrivée du gaz si on peut y accéder sans risque. Si on ne peut pas arrêter la fuite, amener la bonbonne dans un endroit isolé, à l'abri de toute source d'ignition, et laisser le gaz s'échapper lentement. Isoler la zone jusqu'à la dispersion des gaz. Mettre une ventilation forcée pour garder la concentration de ce produit sous sa limite inférieure d'explosibilité.
| Déchets | Mise à jour : 2005-07-20 |
Fermer la bouteille et la retourner au fournisseur.
| Absorption 3 4 27 | Mise à jour : 2005-07-13 |
En milieu de travail, ce produit n'est pas absorbé par les voies respiratoires; il est plutôt retenu par les muqueuses des voies respiratoires supérieures. L'absorption par la voie cutanée est peu importante.
| Mise à jour : 2005-07-13 |
Absorption
- Les études d'inhalation du formaldéhyde chez des volontaires et chez les animaux indiquent qu'il n'est pas absorbé dans le sang, mais qu'il se dépose plutôt au niveau des muqueuses des voies respiratoires supérieures (nez, bouche, trachée). L'absence d'augmentation de la concentration de formaldéhyde dans le sang indique que son métabolisme et/ou les réactions avec les macromolécules des cellules sont rapides dans les muqueuses des voies respiratoires.
- Il n'y a pas de données concernant l'absorption cutanée des vapeurs mais celle-ci est peu probable étant donné son métabolisme et sa réaction rapide avec les macromolécules des cellules.
Distribution
- Selon l'ATSDR (1999), la distribution du formaldéhyde aux organes distants tels les reins et la rate, ou aux tissus adipeux n'est pas probable et n'est pas considérée comme un facteur de toxicité important.
- Six volontaires non fumeurs ont été exposés par inhalation, à une concentration ambiante de 1,9 ppm de formaldéhyde pendant 40 minutes. Aucune variation de la concentration sanguine de formaldéhyde n'a été observée.
- Suite à l'inhalation de formaldéhyde radiomarqué chez le rat, on retrouve de la radioactivité principalement dans les muqueuses nasales (15 ppm pendant 6 heures). De faibles quantités de radioactivité ont été mesurées dans le plasma, l'oesophage, les reins, le foie, l'intestin, les poumons, la rate, le coeur, le cerveau, les testicules et les érythrocytes. Il est important de préciser que la détection de radioactivité dans les tissus n'indique pas la présence du formaldéhyde non métabolisé.
Métabolisme
- La voie métabolique est similaire chez l'humain et l'animal.
- Le formaldéhyde est un constituant normal de l'organisme. Il est produit de manière endogène lors du métabolisme de certains composés tels les acides aminés.
- Le formaldéhyde est rapidement métabolisé dans tous les tissus en acide formique par la formaldéhyde déshydrogénase. Il peut ensuite subir une seconde oxydation pour produire du dioxyde de carbone (CO2) ou être incorporé, entre autres, dans les acides aminés. L'activité de la formaldéhyde déshydrogénase n'augmente pas suite à une exposition au formaldéhyde, indiquant ainsi l'absence d'augmentation du métabolisme.
Excrétion
- L'acide formique est excrété dans l'urine ou incorporé dans certaines molécules cellulaires (par ex. acides aminés).
- Le CO2 est éliminé dans l'air expiré.
- Chez le rat ayant inhalé du formaldéhyde radiomarqué (0,63 ou 13,1 ppm), l'excrétion du CO2 dans l'air expiré est biphasique; l'élimination est très rapide dans les 12 premières heures suivant l'exposition, puis diminue lentement. On trouve, respectivement, 17,6 et 17,3 % de la radioactivité dans l'urine; 4,2 et 5,3 % dans les fèces; 39,4 et 41,9 % dans l'air expiré.
Commentaires
Valeurs biologiques de formaldéhyde pour une population non exposée professionnellement :
- La concentration endogène du formaldéhyde est de 2,61 ± 0.14 µg/g de sang.
| Irritation et corrosion 30 35 36 37 | Mise à jour : 2001-05-01 |
L'intensité de l'irritation augmente avec la concentration de formaldéhyde dans l'air.
À faible concentration, ce produit cause une irritation des yeux (picotement, conjonctivite), des voies respiratoires (picotement nasal, gorge sèche, mal de gorge).
À plus forte concentration (supérieure à 10 ppm), ce produit cause une irritation grave des yeux (larmoiement), des voies respiratoires (bronchospasme, oedème pulmonaire, pneumonite, mort) et de la peau (dermatose).
Les symptômes de l'oedème pulmonaire (principalement toux et difficultés respiratoires) se manifestent souvent après un délai pouvant aller jusqu'à 48 heures. L'effort physique peut aggraver ces symptômes. Le repos et la surveillance médicale sont par conséquent essentiels.
| Effets aigus 3 4 18 27 34 | Mise à jour : 2005-07-13 |
Plusieurs études en milieu contrôlé sur des volontaires sains, asthmatiques ou exposés au formaldéhyde dans le cadre de leur travail, n'ont pas montré d'effet notable sur la fonction respiratoire (exposition de 0 à 3 ppm; durée variant de 10 minutes à 4 heures; avec ou sans activité physique).
| Effets chroniques 3 4 18 27 34 | Mise à jour : 2005-07-13 |
Quelques études chez des travailleurs exposés au formaldéhyde rapportent une augmentation du nombre de cas de maladies respiratoires chroniques obstructives (démontrées par une diminution du volume expiratoire maximum par seconde). Pour le moment, ces données sont controversées car elles ne sont pas corroborées par des signes cliniques et les travailleurs étaient exposés simultanément à d'autres substances (par exemple des poussières de bois).
Certains troubles neurologiques (diminution de la concentration et de la mémoire, troubles du sommeil, irritabilité, etc.) ont été rapportés lors d'études effectuées auprès de techniciens en histologie. Cependant, l'exposition concomitante à des solvants neurotoxiques (tels le toluène, le xylène et le chloroforme) empêche de tirer des conclusions.
| Sensibilisation 29 | Mise à jour : 2001-04-17 |
Ce produit est un sensibilisant respiratoire possible. Sous forme gazeuse, il ne cause pas de sensibilisation cutanée. Cependant, les solutions aqueuses peuvent causer de la sensibilisation cutanée à des concentrations non irritantes.
Quelques études rapportent de la sensibilisation respiratoire chez des travailleurs exposés au formaldéhyde. Des tests de provocation bronchique effectués avec le formaldéhyde ont donné des réponses positives. Cependant, il ne semble pas très évident que l'asthme causé par le produit soit vraiment dû à une réaction allergique, puisque dans plusieurs cas, une réaction due à l'irritation des voies respiratoires ne peut être totalement exclue. De plus, d'autres études rapportent la présence d'IgE ou d'IgG spécifiques au formaldéhyde chez des sujets ne présentant pas de problème d'asthme.
Les solutions aqueuses de formaldéhyde causent de la sensibilisation cutanée à des concentrations non irritantes (solutions à 1 et 2 %). Plusieurs études effectuées chez des travailleurs (le milieu hospitalier, la coiffure, les salons funéraires, ou exposés à des huiles de coupe) ont démontré des réponses positives à des tests cutanés fermés. Certains d'entre eux étaient non atopiques.
| Sensibilisation croisée 47 56 57 58 59 | Mise à jour : 2001-04-17 |
Il peut y avoir une sensibilisation croisée avec le glutaraldéhyde lors d'une exposition par inhalation.
Une étude démontre l'absence de sensibilisation croisée avec le glutaraldéhyde par contact cutané. Des études démontrent que des personnes ayant des réactions allergiques avec les solutions de formaldéhyde peuvent également réagir avec des produits dégageant du formaldéhyde tels que : le quaternium-15, le bronopol, le Germall 115, etc.
| Effets sur le développement 27 28 29 | Mise à jour : 2007-04-02 |
Placenta
Le formaldéhyde traverse le placenta après injection intraveineuse (solution 1 %) chez la souris. Il s'agit cependant d'une étude par une voie non usuelle en milieu de travail.
Développement prénatal
Chez l'humain
Il n'y a pas de donnée concluante démontrant que le formaldéhyde a un effet prénatal chez l'humain. On n'a pas trouvé de différence significative concernant le poids à la naissance entre les groupes de mères qui ont habité dans des districts résidentiels dont les concentrations dans l'air ambiant variaient de 1,36 à 5,28 µg/m³.
Une étude rétrospective du type cas-témoin chez des travailleuses des laboratoires d'histologie et de pathologie n'a pas montré d'association entre le formaldéhyde (de 0,01 à 7 ppm avec une moyenne de 0,45 ppm) et l'incidence de malformations congénitales.
Deux études rapportent qu'aucune augmentation d'avortement spontané due à l'exposition au formaldéhyde n'a été observée chez le personnel hospitalier travaillant à la stérilisation (exposition possible de 0,03 à 3,5 ppm) et chez les habitants exposés au formaldéhyde dans leurs maisons (exposition de 0,1 à 3 ppm). Par contre, deux autres études chez des femmes travaillant dans l'industrie de la transformation du bois (exposition de 0,01 à 1 ppm) ou dans les laboratoires (exposition de 0,01 à 7 ppm) ont montré une association entre l'exposition au formaldéhyde et un risque accru d'avortement spontané. Un retard de la conception a été associé au formaldéhyde (0,01 à 1 ppm) chez des femmes travaillant dans l'industrie du bois.
Les résultats de ces études peuvent être biaisés par les effets d'autres substances présentes dans les milieux étudiés, il devient donc difficile d'associer ces effets seulement à la présence de formaldéhyde.
Chez l'animal
Les données provenant de deux études faites par inhalation chez le rat ne fournissent pas d'évidence indiquant que le formaldéhyde cause des malformations après l'exposition pendant la gestation à des concentrations allant jusqu'à 20 ppm.
Trois études russes effectuées par inhalation chez des rats exposés à des concentrations de 0 à 0,83 ppm de formaldéhyde, avant l'accouplement et pendant la gestation ont rapporté des résultats négatifs concernant la tératogénicité.
L'exposition des rats par inhalation à des concentrations allant jusqu'à 10 ppm pendant la gestation n'a pas produit d'effets sur le développement prénatal. Dans une autre étude, les poids foetaux ont été diminués chez la progéniture mâle des rats exposés à 20 ppm pendant la gestation, mais aucun effet attribuable au formaldéhyde n'a été noté en ce qui concerne les autres indices de développement foetal. De même, quatre études par voie orale et une étude par voie cutanée chez le rat, la souris et le hamster n'ont pas rapporté d'effet prénatal.
Un nombre restreint d'études par des voies non usuelles (injection, milieu de culture) suggèrent la possibilité d'un effet embryotoxique du formaldéhyde. Cependant, il est peu probable que l'embryon ou le foetus soit exposé à de telles concentrations suite à l'exposition par les voies habituelles rencontrées en milieu de travail. De plus, il faut noter que les résultats d'études avec la formaline peuvent être biaisés par les effets du méthanol présent dans la solution de formaline.
Développement postnatal
L'exposition des rats pendant la gestation (inhalation; 0,5 mg/m³ ) a induit une diminution des réflexes et un retard du développement physique chez les rejetons. Il y avait une seule concentration et une insuffisance de paramètres nécessaires à l'évaluation (pureté, données concernant la mère).
| Effets sur la reproduction | Mise à jour : 2001-02-14 |
Effets sur le système reproducteur
Chez la femelle
Aucun effet sur l'histologie ou sur le poids des organes reproducteurs femelles n'a été trouvé chez les rats ou chez les souris exposés par inhalation de façon répétitive à des concentrations aussi élevées que 20 ppm, ni chez les chiens exposés au formaldéhyde dans la diète à des doses jusqu'à 100 mg/kg/jour ou chez les rats exposés à des doses administrées par la voie orale pouvant aller jusqu'à 300 mg/kg/jour.
Une étude russe a rapporté un excès de troubles menstruels chez des femmes exposées au formaldéhyde à des concentrations de 1,25 à 3,75 ppm, mais les femmes avaient soulevé des poids lourds et l'étude présente des problèmes méthodologiques.
Chez le mâle
Aucun effet sur les spermatozoïdes dû à une exposition mixte, incluant le formaldéhyde, n'a été observé chez des travailleurs exposés à des concentrations de 0,73 à 1,58 mg/m³.
Aucun effet sur l'histologie ou sur le poids des organes reproducteurs mâles n'a été trouvé chez les rats ou chez les souris exposés par inhalation de façon répétitive à des concentrations aussi élevées que 20 ppm, chez les chiens exposés au formaldéhyde dans la diète à des doses jusqu'à 100 mg/kg/jour ou chez les rats exposés à des doses orales allant jusqu'à 300 mg/kg/jour.
Lors de l'administration unique (gavage; 100 et 200 mg/kg), des changements dans la morphologie des spermatozoïdes ont été observés à la dose de 200 mg/kg chez le rat. Une diminution significative de la motilité, de la viabilité et du nombre des spermatozoïdes a été observée chez le rat après l'administration orale de 10 mg/kg/jour de formaldéhyde pendant 30 jours. Cependant, étant donné l'absence de test concernant la performance reproductive, la signification toxicologique de cette observation est incertaine.
| Données sur le lait maternel | Mise à jour : 2007-03-21 |
Le formaldéhyde a été excrété dans le lait de vaches et de chèvres auxquelles on avait ajouté de la formaline dans la diète. Cependant, il est plausible d'assumer une différence métabolique et anatomique entre les ruminants (herbivores ayant un estomac à plusieurs compartiments) et l'homme ou d'autres espèces ayant un seul estomac (monogastrique). Par conséquence, on ne peut conclure à une excrétion possible dans le lait chez l'humain.
| Effets cancérogènes 80 81 82 83 | Mise à jour : 2005-08-22 |
Évaluation du RSST : Effet cancérogène soupçonné chez l'humain.
Évaluation du C.I.R.C. : L'agent (le mélange) est cancérogène pour l'homme (groupe 1).
Évaluation de l'ACGIH : Cancérogène humain suspecté (groupe A2).
Évaluation du N.T.P. : La substance est raisonnablement anticipée cancérogène (R).
Le CIRC (2004) a récemment évalué les données disponibles provenant d'études chez des travailleurs exposés au formaldéhyde et a conclu qu'il est un cancérogène prouvé pour l'homme. Il précise qu'il existe des indications suffisantes à l'effet que le formaldéhyde provoque le cancer du rhinopharynx chez l'homme. En ce qui concerne le cancer des fosses nasales et des sinus de la face, il considère que les « indications sont limitées ». Les indications sont « fortes mais non suffisantes » pour la leucémie.
L'ACGIH (2001) quant à elle le considère comme un cancérogène suspecté chez l'homme en se basant sur les études chez l'animal et en raison des données épidémiologiques insuffisantes ou contradictoires.
Selon le NTP (2005) il est raisonnablement anticipé cancérogène. Le NTP considère que les évidences de cancer sont limitées chez l'homme et suffisantes chez l'animal. Selon leur évaluation, certaines études épidémiologiques (mais pas toutes) ont montré une augmentation de l'incidence du cancer du nasopharynx, des fosses nasales et des sinus de la face. Quant aux études chez l'animal, on a observé des évidences de cancer chez le rat. Les études chez la souris et le hamster n'ont pas donné de résultats positifs ou sont inadéquates.
Études chez l'animal
Plusieurs études effectuées avec des rats (mâles et femelles de deux souches) exposés par inhalation ont démontré une évidence de cancérogénicité, soit l'induction des carcinomes de cellules squameuses des cavités nasales à de fortes concentrations (> 6 ppm) mais pas à 2 ppm et moins. Des études similaires chez le hamster n'ont pas montré d'évidence de cancérogénicité. Des études chez la souris n'ont pas montré d'effet ou étaient inadéquates pour permettre l'évaluation. Selon l'OCDE (2004), ceci est dû en partie, à des différences entre les espèces en ce qui concerne leur anatomie nasale et leur physiologie respiratoire.
Mécanisme de cancérogénicité
L'hypothèse la plus plausible quant au mécanisme de cancérogénicité est supportée par les données qui indiquent qu'un processus prolongé de prolifération cellulaire serait en cause. Ce processus serait enclenché suite à l'exposition des cellules épithéliales des voies respiratoires supérieures à des concentrations irritantes de formaldéhyde. Ce dernier est un gaz hydrosoluble et très réactif qui est absorbé localement au site de contact. Il est rapidement métabolisé de sorte que l'exposition à des concentrations importantes n'entraîne pas d'augmentation de la concentration sanguine de formaldéhyde. Ceci explique que l'on observe les tumeurs au site de contact (CICADS, 2002).
Selon l'OCDE (2004), il est peu probable que l'exposition de l'homme au formaldéhyde puisse causer le cancer, à des concentrations ne causant pas d'effets cytotoxiques, c'est-à-dire à de faibles concentrations. CICADS (2002) indique que, d'après les données disponibles, seule l'inhalation de concentrations suffisantes pour causer une hyperplasie regénératrice est cancérogène.
| Effets mutagènes 27 28 29 85 | Mise à jour : 2001-02-14 |
Effet mutagène
Études in vivo
L'évidence du potentiel génotoxique du formaldéhyde chez des individus exposés à des concentrations rencontrées dans le milieu de travail est insuffisante et contradictoire (échange de chromatides-soeurs, aberrations chromosomiques, micronoyaux et dommage à l'ADN). Dans toutes ces études, l'exposition à d'autres facteurs génotoxiques ne pouvait pas être exclue.
Les données provenant de plusieurs espèces animales (rat, souris, singe) exposées par inhalation se sont avérées positives (aberrations chromosomiques, échange de chromatides-soeurs, dommage à l'ADN et mutations du gène p53).
Études in vitro
Dans les cultures des cellules humaines et de mammifères (rat, souris, hamster chinois, hamster syrien doré), le formaldéhyde a donné des résultats surtout positifs (transformation cellulaire, mutations, dommage à l'ADN, échange de chromatides-soeurs et aberration chromosomique).
Effet mutagène sur des cellules reproductrices
Lors de l'administration unique (gavage; 100 et 200 mg/kg), des changements dans la morphologie des spermatozoïdes ont été observés à la dose de 200 mg/kg chez le rat, mais en l'absence de tests concernant la performance reproductive, la signification toxicologique de ces résultats reste incertaine.
| Interaction 27 | Mise à jour : 2001-05-01 |
Animal (inhalation):
Une exposition simultanée avec l'acroléine provoque une inhibition du métabolisme du formaldéhyde.
Il peut favoriser une synergie avec le chlorure d'hydrogène qui se traduit par une diminution du poids corporel.
| Mise à jour : 1997-03-05 |
CL50
Rat : 250 ppm pour 4 heures
| Premiers secours | Mise à jour : 2005-07-13 |
Inhalation
En cas d'inhalation du gaz, amener la personne dans un endroit aéré. Si elle ne respire pas, lui donner la respiration artificielle. Appeler un médecin. Les symptômes de l'oedème pulmonaire peuvent apparaître après un délai de plusieurs heures et sont aggravés par l'effort physique. Le repos et la surveillance médicale sont par conséquent essentiels.
Contact avec les yeux
Rincer abondamment les yeux avec de l'eau pendant au moins 20 minutes. Consulter un médecin.
Contact avec la peau
Rincer la peau avec de l'eau. Si l'irritation persiste, consulter un médecin. En cas de gelure, appliquer de l'eau tiède et consulter un médecin.
Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) 22
Valeurs d'exposition admissibles des contaminants de l'air Valeur plafond
2 ppm 3 mg/m³
Notations et remarques
C2 Effet cancérogène soupçonné chez l'humain.
EM L'exposition à cette substance doit être réduite au minimum
RP Substance dont la recirculation est prohibée
Horaire non conventionnel : Aucun (I-a)
| Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) |
Classification selon le SIMDUT | Mise à jour : 2005-06-09 |
A Gaz comprimé 88tension de vapeur absolue à 50 °C =888 kPa
B1 Gaz inflammable 88limite inférieure d'inflammabilité =7,0 %; limite d'inflammabilité - gamme de concentration = 66 %
D1A Matière très toxique ayant des effets immédiats graves 87létalité aiguë : CL50 inhalation/4 heures (rat) =250 ppm
D2A Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques 18 80cancérogénicité : CIRC groupe1, ACGIH A2
D2B Matière toxique ayant d'autres effets toxiques 18 27irritation des yeux chez l'humain; mutagénicité chez l'animal
Divulgation à 0,1% selon la liste de divulgation des ingrédients
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